Clémence et son projet : Mercycle, un tour de France éco-responsable à bicyclette !

Clémence et son projet : Mercycle, un tour de France éco-responsable à bicyclette !
L'association La Une Portraits de Colibris

Ce mardi 21 mai, nous recevions aux locaux de l’association Clémence, 26 ans, ingénieure tout juste diplômée de l’école AgroParisTech. Dans le cadre de son Tour de France en vélo, Mercycle, elle rencontre les acteurs de l’agriculture et de l’alimentation. De passage dans la région, nous en avons profité pour lui poser quelques questions!

 

 

 

(https://mercycle.com/-blog-)

 

Bonjour Clémence, peux-tu nous présenter ton projet?

“Mon projet est de réaliser un tour de France à vélo pendant 6 mois, pour aller à la rencontre des acteurs de l’agriculture et de l’alimentation sur le terrain, échanger avec eux sur leur vision de l’agriculture et de l’alimentation de demain, et essayer de déceler les leviers et les freins à la transition écologique.”

Comment est-il né?

“Je m’intéresse depuis toute petite à tout ce qui est environnement et écologie, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai fais des études dans l’agriculture, je trouve que c’est un moteur fort et aussi un frein malheureusement pour ces deux causes.

Après mes études, je ne savais pas trop ce que je voulais faire, j’ai donc pris la décision de prendre cette année pour approfondir ma formation et mes connaissances en agriculture. C’est aussi l’occasion de pouvoir partager ma passion pour l’environnement, l’alimentation et le sport!”

Qu’est-ce qui t’animes?

“Je veux changer le monde! [rires] Ce qui m’anime c’est toutes les rencontres que je fais. Je veux rencontrer le plus de monde possible, voir et visiter le plus de lieux possible! En deux mois j’ai appris beaucoup de choses, et ça complète bien ma formation. Que ce soit sur l’agriculture, la France ou le vélo, j’en apprends tous les jours.”

Où en es-tu aujourd’hui dans ton voyage?

“Aujourd’hui nous sommes le 22 mai, c’est bien ça? Donc hier ça faisait 2 mois, je suis partie le 21 mars, il me reste encore 4 mois!

J’ai déjà fais 1600 kilomètres, je suis partie de Paris, j’ai ensuite visité les villes de Chartres, Le Mans, Laval, Rennes, Vannes, Saint Nazaire, Nantes (où je me suis arrêtée à Notre Dames des Landes), Pornic et maintenant je descends la côte. Je vais ensuite me diriger vers le sud (Bordeaux, Toulouse), puis vers l’est.

J’ai rencontré un peu plus de 30 acteurs depuis mon départ, sachant que mon objectif est d’en rencontrer une centaine! Je leur pose des questions, suivant une trame, le but est de constituer un petit recueil avec leur point de vu, qui me servira ensuite dans mon travail.”

Quelles questions leur poses-tu?

“Ma trame est en 2 grosses parties, une première partie de présentation de la structure, un peu comme toi tu fais maintenant! Si c’est une structure associative, une entreprise agroalimentaire, etc. La deuxième partie va concerner les questions de la transition écologique, les questions d’actualités qui font un peu débat aujourd’hui.

Ce qui est vraiment important pour moi c’est d’avoir la vision des gens que je rencontre, j’arrive sans préjugés et je veux tout apprendre. Chaque personne me parle, et je ne suis pas là pour dire si c’est vrai, faux , si je suis d’accord ou pas d’accord, j’écoute.

Quand je me rends compte que 20 personnes disent la même chose, c’est intéressant, de même quand les avis diffèrent. Ce sera à moi, dans un second temps, de faire des recherches complémentaires pour vérifier les informations reçues.”

Une anecdote à partager?

“J’en ai plein! Une des plus récente, un agriculteur que j’ai rencontré, qui fait des céréales pour une coopérative et qui élève des poules pour la viande.

Il a repris la ferme de son père il y a 3 ans, et malgré son rejet de tous les produits phytosanitaires, la ferme était en conventionnel donc il continué sur la même lancée. Pendant la deuxième année, du jour au lendemain, il a arrêté tous les produits, et il s’est complètement cassé la figure! Rendement divisé par 2, et comme c’est un jeune agriculteur, il était beaucoup endetté (rachat de la ferme). Il a donc été obligé de remettre les produits phytosanitaires la troisième année, sans lesquels il n’aurait pas pu continuer.

Je trouve ça incroyable, moi j’habite à Paris et même toi, tout le monde, à chaque fois qu’on entend les médias c’est “le glyphosate c’est horrible il faut l’interdire”, et j’étais la première à approuver, mais on se rend compte que c’est pas si simple d’arrêter, le sol doit s’adapter, les agriculteurs aussi. Cette rencontre m’a vraiment appris à ne pas juger les gens trop vite.”

Quelles places ont les semences dans ton projet?

“Alors je n’avais encore jamais vu d’association comme celle-ci (graines de troc), ou même d’entreprise, mais forcément c’est hyper important. Dans l’agriculture on en parle pas forcément trop parce qu’on ne voit que le produit final mais tout commence à partir de la graine.

Grâce à cette visite à graines de troc, j’essaierai peut être de rajouter une question sur les semences à mes prochains interlocuteurs. Ce n’est pas un sujet facile! D’où ça vient? Comment ça a été fait? Est ce que c’est hybride, qu’est ce que ça veut dire hybride? C’est résistant ou non?”

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer?

“Essayez de comprendre pourquoi vous voulez faire ça! Une fois que vous savez pourquoi c’est parti et ça va tout seul.

Après si vous voulez des conseils n’hésitez pas à contacter ceux qui ont déjà réalisé un projet de ce type, comme j’ai pu le faire moi même au début de mon projet! Je réponds aussi assez souvent à des sollicitations sur les réseaux sociaux.

Un autre conseil serait de ne pas vous décourager si quelqu’un a déjà fait ce projet, chaque aventure est différente, et si vous attendez de trouver quelque chose qui n’a jamais été fait, cela risque de durer longtemps! Chaque expérience est bonne à prendre, vous rencontrerez des gens différents, à des périodes différentes, dans des conditions différentes, etc. On a besoin de plus de gens qui font des projets un peu alternatifs comme celui là, pour enrichir les connaissances!”

Qu’est-ce qu’on peut faire pour t’aider?

“Relayer le projet! Cela peut inspirer des gens, et créer des contacts. Grâce à ma présence sur les réseaux sociaux et les articles qui ont été faits sur mon projet, j’ai pu trouver des gens pour m’héberger et me soutenir. Des agriculteurs m’ont aussi contactée pour venir échanger avec eux.”

 

Merci Clémence pour ton passage remarqué et remarquable, de nous avoir partagé ton enthousiasme et ta détermination, nous te souhaitons un beau voyage, plein de graines semées!

 

Vous pouvez retrouver et communiquer avec Clémence sur son site internet ou sur les réseaux sociaux :