La tamiserie, la dernière en France

La tamiserie, la dernière en France
La Une Portraits de Colibris

Depuis 5 ans déjà,

pour la réalisation de nos Kits Gardien de semences l’association Graines de troc fait appel à la Tamiserie. Elle s’avère être la dernière structure existante en France réalisant des Tamis de façon artisanale.

 

L’entreprise se situe au dans le cœur de la  Vienne (86)  à Valdivienne et est aujourd’hui gérée par Marie-Annick Bruneau-Joubert qui s’atèle à perpétuer cette méthode ancienne de fabrication et ainsi à sauvegarder ce patrimoine qui lui a été légué..

 

Petit récit de Marie Annick BRUNEAU JOUBERT gérante actuelle de La Tamiserie.

 

La Fabrique de Boissellerie et Tamiserie voit le jour en 1850 sous la houlette de M. Ch. Léger. Elle prend ses quartiers à Poitiers (86000) aux 198 et 200 Grand’ Rue, puis également au 10 Place du Marché quelques années plus tard. La Tamiserie était née. Durant plus d’un siècle la famille Léger va diriger l’entreprise.
Nous avons chiné quelques factures anciennes que vous pouvez voir. Nous y avons découvert, avec amusement, une grande diversité d’articles.

En 1985, à l’heure d’une retraite bien méritée, M. G. Léger cède son entreprise à William Jallais qui y travaillait depuis déjà 17 ans.Installé à Saint Julien l’Ars, William Jallais s’est appliqué, pendant 20 ans, à perpétuer une activité artisanale de qualité, les tamis étant son activité principale. Dans sa gamme également, des fromagers, des garde-manger, et un produit unique : les boisseaux, de très belles unités de mesure en bois certifiées pour la vente. Il en était le dernier fabricant.La roue tourne, les années aussi. A son tour, William Jallais songe à passer la main. Pas facile quand on travaille seul. La transmission d’un savoir-faire artisanal dont il est le seul représentant dans l’Hexagone lui tient à cœur. Un jour, le hasard mène mes pas jusqu’à son atelier. Je viens acheter un boisseau pour faire un cadeau. William me parle de son métier avec passion et de sa crainte de le voir disparaitre. Dans un petit coin de ma tête, l’étincelle s’est allumée.Quelques semaines plus tard, nouvel achat. Nous reprenons notre conversation et cette fois l’idée fait son chemin. Pendant un an et demi, plusieurs fois par semaine, je vais observer le maître, essayer à mon tour, apprendre les tours de main et les pièces spéciales. Enfin, je me sens prête.En septembre 2005, je rachète l’entreprise à William et installe la Tamiserie Jallais quelques kilomètres plus loin, à Chauvigny. Pendant plusieurs mois, William viendra régulièrement me rendre visite et m’aider si besoin. Difficile de se séparer d’une passion.

 

La conservation du patrimoine est un devoir de mémoire collective permettant de nous rappeler à des méthodes de production et de partage responsables et conscients dans un monde où la sur-production et la sur-consommation accroissent et dévastent l’environnement dans lequel nous évoluons. Se souvenir permettra aux générations futures de ne pas reproduire des erreurs commises par le passé. Que cette conservation concerne les graines ou les tamis nous nous devons d’y penser et de faire en sorte que ces valeurs ne soient pas perdues..

Pour participez à ces valeurs rendez-vous donc sur le site de la tamiserie que nous remercions chaleureusement !