Le pèlerinage de la graine au Québec, retour sur une extraordinaire aventure

Le pèlerinage de la graine au Québec, retour sur une extraordinaire aventure
Actualités des semences Le Pèlerinage de la graine au Québec

 

    Bastien a 30 ans et déborde d’initiatives. Quand nous l’appelons pour l’interview il nous répond avec beaucoup de chaleur. Il est rentré de son périple de 3800 km au Québec il y a quelques semaines à peine. Nous revenons avec lui sur ce qui l’a motivé à entreprendre cette aventure qui l’a fait parcourir à pied ou en stop mais surtout sans argent, un pays encore sauvage et débordant de nature.

    Tout commence il y a trois ans, quand, avec un maraîcher du nord ils décident de voyager à travers la France, à pied, et sans le moindre sous en poche en utilisant des semences paysannes comme monnaie d’échange pour le couchage ou la nourriture. Le pèlerinage de la graine est né. Après 800 km de marche entre Chartres et la Drôme, 34 jardins ont été plantés créant un sentier comestible. Devant la réussite de cette opération, et après avoir fondé l’association “semeurs de bonheur” il y a un an, Bastien décide de réitérer l’expérience mais cette fois-ci au Québec.

 

Le but de son voyage est le même : pouvoir voyager à travers le pays, sans utiliser d’autres monnaies que les graines qu’il   possède. La notion de partage est importante, dans un contexte où il est impossible de vendre des semences qui ne sont pas présentes dans un catalogue officiel. Par conséquent, la perte de notre patrimoine cultivé a été considérable ces 50 dernières années. Bastien cherche donc à sauvegarder ce patrimoine au travers du troc de graines. Elles sont la clé du voyage. Le fait de ne pas avoir d’argent n’a pas été un frein pour Bastien; “Voyager sans argent, c’est aller voir un être humain et lui proposer d’échanger des graines contre de la nourriture. C’est pour parler des graines tous les jours”.  Pour lui tout est lié aux semences : lorsqu’on boit une bière ou qu’on mange du pain, c’était au départ, une graine. Se recentrer sur celles-ci c’est revenir à l’essentiel.

 

    Les graines sont une excellente monnaie d’échange; Avec elles, il est possible de produire plus de nourriture que celle qu’on a reçu. Les semences paysannes représentent l’abondance et les utiliser comme moyen d’échange est aussi positif pour l’Être humain  que pour la nature. Lorsque nous demandons à Bastien si ça a été compliqué de voyager sans argent il nous répond que pour sa part, non. Cela peut s’avérer complexe pour certaines personnes car il faut oser. “Cela demande un dépassement de soi-même pour pas mal d’humains”; Une fois la glace brisée, les échanges avec les gens sont plus sincères et plus authentiques.

 

    Pour se constituer un pactole de départ, Bastien a participé la semaine suivant son arrivée, aux rencontres internationales de l’agriculture urbaine. Il a également travaillé quelques jours chez un semencier mais aussi prit contact avec deux jardiniers à Trois-Rivières. Sans compter les nombreux particuliers qui lui ont fait parvenir des colis suite à sa vidéo postée sur YouTube. Se faisant, il a pu récolter quantité de graines, qui ont constitué une part de sa réserve pour son voyage. Pour l’autre part, Bastien à compté sur sa confiance en la vie et l’imprévu car c’est aussi ce qui fait les plus belles aventures.

 

    Bastien gardera le souvenir marquant des grands espaces de nature grandiose et sauvage qui composent le Québec. Il se souviendra également de la gentillesse, la bonne humeur et le sourire de ses habitants. Marcher quelques jours ou plusieurs semaines est une chose qu’il conseille à tout un chacun car cela apporte une introspection intense qui modifie le rapport que l’on a avec soi-même. On en ressort grandi. Le pèlerinage de la graine est accessible à tous et Bastien encourage les gens du monde entier à prendre leur sac à dos et à créer, au cours de leurs cheminements, des jardins potagers, un pas de plus vers l’autonomie alimentaire.

 

    Nous aurons grand plaisir à continuer de suivre les aventures de Bastien, qui se qualifie lui-même de “pirate de la graine”. Nous continuerons à l’encourager dans ses projets qui, nous en sommes sûr, donneront envie de suivre ses traces !

 

            Marine Bégaud & Leeloo Adam