Première semaine, premier article

Première semaine, premier article
Actualités des semences Le Pèlerinage de la graine au Québec

C’est parti, début de l’aventure Québécoise avec l’université d’été d’agriculture urbaine.

Atterrissage dimanche sur l’île de Montréal à 14h30. Bus, métro, arrivée en pleine Gay pride, me voilà au pied de l’hôtel du Gouverneur. Une chambre spacieuse, tout confort m’attend au 20ème étage, la vue est magnifique. Une piscine se trouve au 6ème, les petits déjeuners sont variés, le personnel très attentionné. Accompagné de Florent, qui participe aussi à l’université d’été d’agriculture urbaine, nous découvrons les jardins Gamelins. Un joli spot pour chiller en patientant Francis, un ami breton qui vit autour de Montréal et qui m’a proposé sa boîte aux lettres pour recevoir les premiers colis de semences. Il est 17h, Francis nous rejoint, je suis très heureux de le revoir ici. Quel immense plaisir de recevoir de sa main les deux premières enveloppes de Graines données par deux généreuses Québécoises. Nous goûtons à la poutine et Aux bières Locales, un dernier verre à l’Escalier, le voyage commence parfaitement.

Jour 1 Aux 10 ans de l’université d’été d’agriculture urbaine. Découverte de l’UQAM et du LAB, rencontre avec les étudiants, jeux de présentation, première journée de conférences, les sujets m’intéressent profondément, les gens sont beaux, souriants, la semaine s’annonce intense en émotions. On m’offre la chance de présenter le projet du Pelerinage de la Graine en fin de journée. Nous nous retrouvons avec l’équipe dans un quartier populaire, les résidences Jeanne Mance, pour une disco soupe à côté d’un container/serre équipé de système hydroponique. Ambiance décontractée, dégustation de smoothies faits amoureusement à partir de fruits et légumes invendus. Poursuite au Yer’mad (bar breton) avec François, Florent et Aurélie. Découverte de deux belles âmes qui nous partagent leurs visions du Québec, leurs actions associatives, les coutumes, les bons plans. Dégustation d’un cidre des glaces à 9% et de bières locales. Il est 23h, l’heure de retourner à l’hôtel me reposer.

Chaque matin nous croisons des écureuils, c’est agréable de déambuler sur ces grandes artères. Les sirènes, la taille des bâtiments et des véhicules me rappellent que nous sommes en continent Américain. La seconde journée de l’université est un mix de conférences, de présentations d’actions d’OBNL (associations) et de visites. Montréal regorge d’initiatives citoyennes, d’aménagements urbains comestibles, de jardins communautaires, d’expérimentations High-tech…un exemple très inspirant. La ville est dense dans son aménagement architectural mais reste très verte. Les volontés politiques locales aident au développement du verdissement de l’île. Après cette journée intense en découvertes, et une soirée conférence, on boit un bock au Bénélux, avec la team Belge et les acteurs Québécois de l’agriculture urbaine.

Retour nocturne, je me perd un peu dans l’immensité de cette ville avant de rencontrer Pierre-Louis, un joyeux humain rempli d’énergie qui m’accompagne et me guide jusqu’à Berri UQAM. Nous échangeons autour d’un verre de vin rouge sur nos cultures, la musique, l’art, l’alimentation, les free party, les bons et mauvais plans à Montréal.. Quelques dizaines de minutes passent, nous sommes hyper sollicités par des toxicomanes (clope, monnaie, drogue…) qui squattent historiquement le parc Gamelin. D’un seul coup, l’atmosphère devient tendue, une dizaine d’humains nous entourent, certain deviennent agressifs, nous décidons de sortir du parc lorsque l’on découvre qu’une multitude de policiers encadrent la place pour l’évacuer. J’apprendrai le lendemain que 2 meurtres ont eu lieu dans le quartier la semaine qui précédant notre arrivée. Un vent puissant se lève, nous poursuivons la discussion, beaucoup de rires et de sourires échangés qui contrastent avec des scènes humaines assez sombres à observer. Il est minuit, retour à l’hôtel, je conscientise le vécu de ses 2 jours 1/2.

Mercredi, journée entièrement dédiée aux visites et aux ateliers. Découverte des origines du laboratoire de l’agriculture urbaine, des jardins à l’UQAM, visite de lieux sous une averse qui nous trempent en 2 minutes.. Je fais une rencontre avec une magnifique sorcière Québécoise. Quel Bonheur de ressentir cette qualité de connexion. Quelque chose d’universelle nous relie..

L’après-midi participation à un atelier « la technologie au service de l’agriculture urbaine ». Présentation de la Microbit et de la programmation. Nous créons un mini système d’arrosage automatique en groupe et découvrons les potentiels infini de cet outil High Tech. Next workshop, la Permaculture en milieu scolaire présenté par Aline, une maîtresse rayonnante qui dynamise son école primaire Montréalaise. Jardin pédagogique, animaux, bacs hydroponiques et aquaponique en classe, une multitude du supports pédagogiques fait pour reconnecter ses élèves à la nature.
Une personnalité lumineuse, dynamique, très inspirante dans sa manière de partager et transmettre ses connaissances permacoles.
La journée se termine à l’UQAM, nous partons sur les toits du Palais des Congrès pour un apéro / visite sur un site hors normes. Un toit de 3.8 hectares où se trouvent des installations expérimentales, des murs végétaux, des cultures en smartpot, en hydroponie…
Un apéritif dînatoire pleins de saveurs et de couleurs préparé par la merveilleuse équipe du LAB s’offrent à nous.
Suite à d’intenses discussions, nous redescendons des toits, direction les jardins Gamelin pour conclure la soirée sur de la disco! Les corps se déchaînent et se mélangent sur le dancefloor, grosse ambiance avec la gang. Dernières bolets à l’Escalier, accompagné d’un concert et des survivants de la team Belge.
Retour autour de la place Gamelin, nouvelles sollicitations des toxicos locaux, je vie une scène difficilement racontable par écrit ici.. Encore une belle journée qui s’achève, remplie de puissantes émotions.

Jeudi, la succession de courtes nuits de sommeils commence à me faire ressentir la fatigue. Début de journée avec deux ateliers sur comment créer son entreprise agricole viable au Québec et sur la Permaculture au service de l’intelligence collective. Une joie de vivre cet atelier et de voir la réceptivité des participants.

Fin des ateliers. Ballade en Bixi (le Velib local) dans plusieurs quartiers de Montréal, accompagné de ma guide franco-quebecoise Aurélie. Visite d’un jardin communautaire dont elle fait partie, découverte de MaBrasserie, avant de partir vers le jardin botanique. Nous retrouvons la gang Aux Jardineries, spot d’agriculture urbaine qui propose des événements, pizza au feu de bois, dans un cadre hors norme, puisqu’il se situe au pied d’un ancien site olympique. À peine arrivé sur le lieu, rencontre avec Céline pour une interview, suivi d’une présentation publique du projet du Pelerinage au Québec et d’un ciné-débat sur le film « main basse sur la ville ».

Vendredi matin, me sens jet-lag! Plus assez d’énergie pour suivre attentivement les conf’ même si les thématiques sont très intéressantes. Je profite pour prendre le temps d’écrire cet article. C’est la dernière journée que nous passerons tous ensemble à l’UQAM. Un dernier déjeuner succulent, couronné par une glace à la fraise. La conclusion se fera en dansant, un moment hors du temps.

J’oubliais presque de vous décrire l’accueil super chaleureux des Québécois. Durant la semaine des dizaines de personnes sont venues m’apporter des semences, des contacts inspirants, me proposer l’hébergement, des visites de lieux, d’associations.. À la fois heureux et frustré, je vais devoir faire des choix et répondre négativement à certaines des invitations. Le voyage s’annonce magique et généreux.

Merciiii à la vie de m’avoir guidé ici, et mille mercis à toutes les personnes qui agissent pour le développement de l’agriculture urbaine.