Hubert nous dévoile son secret pour des pommes de terre primeur 'avant l'île de Ré'

Les évènements que nous organisons en pays rochelais sont pour nous l’occasion de découvrir la précieuse diversité locale en matière de jardiniers ! C’est lors d’une animation sur le thème du jardinage organisée à Puilboreau  que nous prîmes langues avec Hubert. Ce qu’il nous a révélé de son jardin au fil de la discussion nous a tout de suite donné envie d’aller le découvrir... et nous ne fûmes pas déçus !

 

Invités le 10 janvier pour la plantation des pommes de terre, nous fûmes royalement reçus par cet Angoulinois malicieux, animé par la passion du jardinage et par un défi : récolter des pommes de terre primeur “avant ceux de l’île de Ré”.

Alors, allons-nous vous révéler dans cet article son secret ?

Mais oui, dans l’esprit de partage des savoir-faire qui est au coeur de notre raison d’être !

                                  

Il faut avouer que le secret s’évente dès que nous - une grande partie de l’équipe de graines de troc - arrivons chez Hubert et que nous voyons de nos yeux la couleur de sa terre : les fins connaisseurs parmi nous sont ébahis par sa noirceur…et par la taille des turricules et des trous laissés par les vers de terre ! Il faut dire qu’Hubert la fertilise depuis 40 ans avec du compost maison qui mature au fond du jardin, dans deux bacs de généreuses dimensions.

Le secret pour les pommes de terre, c’est aussi le choix des variétés : Hubert recommande la Dolreine et l’Amandine, ainsi que la Bintje pour faire des purées “extraordinaires” et la Spunta pour farcir.

                                                                                 

Après une discussion à bâtons rompus et un petit coucou au brochet de compagnie de Hubert, nous finissons par mettre en place un rang de tubercules dont Hubert nous dit qu’ils apprécient particulièrement une terre meuble. Secret de la précocité : les lignes sont recouvertes de 2 couches de voile non tissé ( de type P; 17). En mars, quand le temps est plus chaud, il ôte les voiles, fertilise avec du compost, butte et remet ensuite une seule épaisseur de voile sur chaque rang. Récolte prévue début avril… Davantage de précisions, et les conseils d’Hubert sur d’autres espèces dans la vidéo !

                                                                                 

Il a beaucoup plus la semaine passée, et Hubert préfère finalement décaler la plantation des pommes de terre déjà prévus (et qui devraient donner 500 kilos de pdt) pour laisser à la terre le temps de ressuyer. Nous essayons de savoir quand il prévoit de le faire… il reste évasif : c’est aussi quand l’envie l’en prend ! Très désireux de nous transmettre ses techniques, il a aussi imprimé des photos des structures qu’il met en place l’été pour tuteurer ses tomates. Ce type d’échange s’est perdu, car la révolution verte avec son recours aux semences normalisées, aux machines et aux produits phytosanitaires a standardisé les pratiques agricoles. De même, la transmission s’est standardisée : les formations agricoles et les livres de jardinage parlent de tous les territoires en général, et pas d’un sol ou d’un micro-climat en particulier.

  

Des rencontres comme celle que nous avons faite avec Hubert permettent de renouer avec une forme de transmission concrète, hyper locale, et enrichie de la dimension humaine.